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Galerie Venise Cadre - Casablanca - Maroc

Galerie Venise Cadre - 2001

Un cube minimaliste, des pleins et des vides proportionnés, une symétrie sans équivoque, et voilà un espace dédié à la culture… monumentale. L’invitation est double, elle offre dans un premier temps ce jeu savoureux de profondeur et de transparence de l’architecture, avant d’accéder à l’émerveillement que procurent les expositions d’Art. Là, l’architecte A. MOUNTASSIR annonce clairement son propos moderne. Sobriété des matériaux utilisés, matières et transparences, rapport équilibré les amoureux de l’art pénètrent en toute quiétude. Abritée dans cette apparence classique et abstraite, presque austère, la galerie est accueillante grâce à l’escalier qui canalise à la fois les pas et le regard vers la perspective qui se profile au-delà de la porte vitrée. Jeux de profondeur et de transparence bienveillance bordée de sculpture en granit, sans quoi ces gardiennes du temple seraient inquiétantes, si ce n’était la transparence. Dans ce projet, A. MOUNTASSIR (peintre discret au demeurant) agit comme s’il travaillait sa toile. Mais au lieu d’utiliser les pigments, il utilise la lumière. Ile la tamise, lui fait raser les murs, la rend diffuse par l’éclairage zénithal, opaque par les pavés de verre, transparente pour cadrer le paysage extérieur. Il s’agit de montrer et de flatter les œuvres d’art en premier lieu.

Dans ce quartier résidentiel et chic de Casablanca, les proportions des villas sont heureusement maintenues par la réglementation urbaine. L’Architecte se devait donc de rechercher la monumentalité de son œuvre et son ouverture sur la rue, uniquement dans l’écriture architectonique. C’est pourquoi le mur de clôture souligne mais ne barre pas, préserve l’intimité malgré l’accueil du grand public. Dans cet entre-deux ténu, l’architecte a réussi à créer un espace où l’on chuchote, forcément. Mais il a aussi voulu marquer l’espace par un élément fort. Il décide de transpercer littéralement les niveaux par un cylindre fictif en continu, qui va du rez-de-chaussée à l’étage avant de s’échapper par une verrière vers le ciel. Une cylindre tantôt matériel, tantôt de lumière. Concrétisé d’abord par le pavé de verre du garde-corps au rez-de-chaussée, la coupole encastrée au-dessus de la dalle haute à l’étage, le dégagement du bar à l’entresol poursuit l’effet escompte. Ceci en faisant vibrer les surfaces par des traits radioconcentrique dans le faux-plafond ou le souligné noir vertical des briques de verre.